Lundi 27 avril, notre membre Hervé Delphin, Ambassadeur de l’Union Européenne auprès de l’Inde et du Bhoutan, avait rendez-vous avec le nouveau maire de la Rochelle et président de son agglomération, Olivier Falorni.
Etaient réunis autour d‘Olivier Falorni, Oxana Clech, la nouvelle élue déléguée aux jumelages à la Ville et aux coopérations territoriales et projets européens à la Communauté d’Agglomération, ainsi que quatre membres du Club International de la Rochelle, à savoir, outre le président accompagné de son épouse indienne, Stéphane Audry, élu en charge des sports et du nautisme, et Aya Koffi, élue en charge du secteur Ouest et des anciens combattants.
Il a été essentiellement question de l’importance grandissante de l’Inde, première démographie mondiale avec plus de 1,4 milliard d’habitants, plus grande démocratie avec ses 814 millions d’électeurs et désormais 5ème économie mondiale, avec laquelle l’Union européenne vient de renouveler un partenariat stratégique d’ampleur. Dans un contexte géopolitique incertain, l’Inde et l’Europe, en se rapprochant, cherchent à constituer un pôle de stabilité et de prospérité partagée.
En effet, lors du 16ᵉ Sommet UE–Inde à New Delhi en février dernier, l’Union Européenne a signé avec l’Union Indienne plusieurs accords qui marquent un tournant historique majeur dans sa relation avec ce pays-continent : un agenda stratégique visant à promouvoir la coopération dans un très large spectre de domaines stratégiques, dont notamment des partenariats en matière de recherche et d'innovation, de technologies émergentes, d'intelligence artificielle, de micro-processeurs, d'énergies décarbonées, de sécurité et de défense, d'espace, de mobilité circulaire des talents. Cet agenda est soutenu par la conclusion d'un accord de libre-échange, qualifié par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de « mère de tous les accords commerciaux » qui réduit fortement les barrières douanières, sécurise les chaînes d’approvisionnement et ouvre un marché de plus de deux milliards de personnes aux entreprises européennes et indiennes. Cet agenda est pleinement soutenu par les 27 Etats membres dont la France, partenaire historique de l’Inde.
Ce contexte très porteur est favorable à l’émergence de partenariats décentralisés entre autorités locales indiennes et européennes. L’histoire, le profil, et les atouts de La Rochelle sont particulièrement attractifs aux yeux des indiens. C’est ainsi que le Gouvernement de l’Etat fédéré indien du Kerala et Kochi, sa grande ville portuaire, poumon économique, académique et culturel de cet Etat, ont manifesté leur intérêt à développer un partenariat avec notre ville, la plus comparable et la plus compatible avec leur territoire: traditions maritimes, importance de la culture, objectifs de développement littoral durable et intelligent, de neutralité carbone et de lutte contre le changement climatique, avec des technologies innovantes et un pôle de tourisme centré sur le bien-être et la santé.
De premiers échanges prometteurs ont débouché sur plusieurs pistes concrètes dont: l’acceptation de l’État du Kerala d’être l’hôte du pavillon d’honneur du salon nautique international du Grand Pavois en 2027 ; la sollicitation d’une large coopération par la maire de Kochi, avec une ouverture pour nos nombreuses entreprises innovantes dans les domaines notamment du nautisme, de l'environnement, de la santé et du bien-être, avec échange de savoir-faire ayurvédiques et thalassothérapeutiques. Un accent attendu sur la coopération culturelle car Kochi est dotée d’une forte industrie locale du film et du documentaire et d’une biennale d’art contemporain de niveau mondial, ainsi que sur la coopération scientifique sur les sujets environnementaux, maritimes et côtiers et sur les échanges académiques, etc.
L’enjeu à court terme est de se préparer à bien recevoir une mission exploratoire indienne annoncée en septembre qui servira à préparer le Kerala à tirer le meilleur parti de leur pavillon d’honneur au Grand Pavois l'année prochaine, mais aussi à approfondir les échanges dans les domaines déjà identifiés pour définir nos futurs projets concrets de coopération d’intérêt mutuel.
